Réponse et mise à jour concernant les camps soutenant Israël, son armée et le racisme anti-palestinien

Background of a black and white photo of a bomb going off on a residential building in Gaza. Overlayed is an image of a protest sign that reads "Your silence enables genocide" and a Palestinian flag poster. Text reads: When children’s camps support a genocidal state, it’s time for a gigantic change

Le 4 février 2026, nous avons publié le message suivant :

En réponse, l’Association des camps de l’Ontario a publié une déclaration publique (à lire ici ou ci-dessous) et divers médias israéliens et sionistes ont publié des articles. Suite à ces réactions, nous avons envoyé le message suivant aux membres de l’OCA :

Chers membres de l’OCA,

Nous vous écrivons suite à une déclaration du Conseil d’administration de l’OCA la semaine dernière. En tant qu’organisations, nous avons été profondément préoccupés d’apprendre que non seulement le directeur exécutif de l’OCA a publié à plusieurs reprises sur Instagram des propos racistes anti-palestiniens et un soutien au génocide israélien, mais que plusieurs camps accrédités par l’OCA ont embauché des vétérans de l’armée israélienne. Ce travail, comme indiqué ci-dessous, ne concerne ni les camps juifs, ni la mise en danger d’enfants – bien au contraire. Nous avons partagé des informations publiques provenant de ces camps, des camps qui soutiennent un État étranger et une armée étrangère impliqués dans l’occupation, l’apartheid et le génocide.

Comme vous l’aurez constaté dans la déclaration de l’OCA à ses membres, l’organisation qualifie le génocide en cours (confirmé par l’ONU et la quasi-totalité des organisations de défense des droits humains dans le monde, y compris B’Tselem, une organisation israélienne) uniquement de « conflit actuel au Moyen-Orient ». L’OCA adhère également sans équivoque à la définition de l’antisémitisme de l’IHRA. Cette définition est critiquée depuis longtemps par des organisations telles que Voix juives indépendantes, et bien d’autres. Comme on le dit, « Israël et ses partisans » utilisent la définition de l’antisémitisme de l’IHRA comme « principal instrument » pour « assimiler toute critique d’Israël à de l’antisémitisme ». « Leur objectif est de réprimer, voire de criminaliser, toute critique d’Israël et le soutien aux droits des Palestiniens… Selon un sondage de 2019, près de la moitié des Juifs canadiens estiment que les accusations d’antisémitisme sont « souvent utilisées pour faire taire les critiques légitimes des politiques israéliennes ». Du fait de cette confusion, la définition de l’IHRA « alimente le racisme anti-palestinien et détourne l’attention du véritable antisémitisme ».

L’OCA ne répond pas à ces critiques, ni à d’autres similaires. Par exemple, un groupe de professeurs juifs du Jewish Faculty Network (Réseau des professeurs juifs ) a publié le « Rapport CIJA » en octobre 2025. Ce rapport « met en lumière comment le discours actuel sur l’antisémitisme au Canada sert à fabriquer un consentement au génocide israélien à Gaza ». Or, le conseil d’administration de l’OCA ne se réfère qu’à la définition de l’IHRA et à des organisations pro-israéliennes comme B’nai Brith, rejetant ainsi de facto les points de vue de divers autres groupes juifs.

La déclaration poursuit : « L’OCA a toujours condamné catégoriquement et sans relâche l’antisémitisme et toutes les formes de haine et de discrimination, et demeure inébranlable sur cette position.» Pourtant, rien n’indique que l’OCA ait jamais condamné le racisme anti-palestinien, et encore moins pris des mesures pour le combattre.

Comme le définit clairement Arab Canadian Lawyers Association (ACLA) (l’Association des avocats canadiens d’origine arabe)« le racisme anti-palestinien est une forme de racisme anti-arabe qui réduit au silence, exclut, efface, stéréotype, diffame ou déshumanise les Palestiniens ou leurs récits. Le racisme anti-palestinien prend diverses formes, notamment : le déni de la Nakba et la justification de la violence contre les Palestiniens ; le refus de reconnaître les Palestiniens comme un peuple autochtone doté d’une identité collective, d’une appartenance et de droits en relation avec la Palestine occupée et historique ; la négation des droits humains, de la dignité et de la valeur des Palestiniens ; l’exclusion ou les pressions exercées sur autrui pour exclure les perspectives palestiniennes, les Palestiniens et leurs alliés ; la diffamation des Palestiniens et de leurs alliés par des calomnies, en les qualifiant par exemple d’antisémitisme intrinsèque, de menace/sympathisants terroristes ou d’opposants aux valeurs démocratiques. »

The Palestinian Canadian Congress (PCC), a co-organizer in this work, notes that “[t]oo often, governments have politicized and mischaracterized APR due to fear, bias, ignorance, and/or a denial of Palestinian history and experience…This mischaracterization has led to the disregard, or lack of acknowledgment, of APR within many Canadian institutions and sectors.” In their étude, le CPC a constaté que 81,4 % des participants ont déclaré avoir subi de la répression anti- palestinienne. Or, la réponse à notre travail est, elle-même, précisément la répression anti- palestinienne.« Fondamentalement, RAP vise à censurer et à effacer les Palestiniens et leurs récits de la sphère publique, soit directement par des mesures punitives, soit indirectement en suscitant la crainte de telles mesures afin de dissuader quiconque de partager ces récits. » Les tactiques employées sont nombreuses, mais nous constatons ici clairement des tentatives de nous diffamer et de nous accuser faussement de promouvoir la haine, la violence et l’antisémitisme. Cette caractéristique est propre non seulement à la répression anti- palestinienne, mais aussi à la haine antimusulmane et à l’islamophobie. L’affirmation selon laquelle nous menaçons des enfants est catégoriquement fausse. Notre seul appel à l’action consiste à envoyer des courriels aux représentants d’associations responsables. Le discours véhiculé est un exemple flagrant de manipulation.

Par ailleurs, bien que la déclaration soit approuvée par le « Conseil d’administration » de l’OCA, le Jerusalem Post a noté que Joy Levy l’avait publiée au nom de l’OCA. Ceci soulève des questions quant à l’indépendance du Conseil, car Mme Levy fait elle-même l’objet d’allégations.

Depuis la diffusion de cette déclaration, plusieurs articles ont été publiés, affirmant que le message et les appels à l’action qui y sont associés ciblent les camps de vacances pour enfants juifs, mettent en danger la sécurité de ces enfants et alimentent l’antisémitisme. Le fondement de ces arguments n’a rien d’inhabituel : il s’agit plutôt d’une confusion entre sionisme et judaïsme. C’est l’instrumentalisation de l’antisémitisme pour défendre un État d’apartheid. Le Jerusalem Post lui-même a clairement reconnu l’objectif de cette publication, en citant notre message initial où nous expliquions clairement que les camps ne sont pas problématiques « parce qu’ils encouragent le lien avec l’identité juive », mais parce qu’« ils encouragent le soutien à un État génocidaire et colonial de peuplement ».

La Fédération UJA du Grand Toronto affirme que les agissements d’« agitateurs anti-israéliens qui cherchent à intimider et à harceler » certains camps constituent un « ciblage direct des campeurs et du personnel juifs » et un « acte d’intimidation délibéré ». En réalité, nous soutenons que notre travail vise à protéger les enfants. Il s’agit de les protéger contre le fait d’être encadrés, mentorés, et pris en charge par du personnel ayant fait partie d’une armée qui commet activement un génocide (et qui occupe illégalement la Palestine depuis des décennies, y imposant un régime d’apartheid). Pour affirmer de manière crédible que des camps soutiennent un État étranger et/ou emploient/soutiennent l’armée de cet État, nous devons apporter des preuves. Les camps eux-mêmes ont choisi de rendre ces informations publiques et, par conséquent, nous ne faisons que relayer les informations qu’ils ont déjà diffusées. Notre objectif est de garantir la sécurité des enfants dans les camps. Lorsque des camps emploient des militaires étrangers et soutiennent un État commettant un génocide, ces lieux ne sont pas des lieux sûrs. Parallèlement, la réaction des groupes pro-israéliens a donné lieu à des messages haineux et violents [avertissement de contenu : suicide] qui nous sont adressés, y compris des appels au suicide.

Nous partageons ce message pour corriger les informations erronées diffusées par le conseil d’administration de l’OCA. Notre action ne concerne pas les camps juifs, mais le soutien à l’État d’Israël, et plus particulièrement à son armée. Malgré les messages haineux et les menaces que nous avons reçus, nous restons déterminés dans notre combat pour la justice. Cela est insignifiant comparé aux souffrances que les Palestiniens ont endurées et continuent d’endurer. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.

Jusqu’à la libération et le retour,

Just Peace Advocates, Palestinian Canadian Congress, Canadian BDS Coalition & International BDS Allies, Palestinian and Jewish Unity, Ontario Palestinian Rights Association


Dans le cadre de ce travail, nous avons adressé une lettre au procureur général concernant d’éventuelles violations de la Loi sur l’enrôlement de soldats étrangers et déposé une plainte auprès de l’Agence du revenu du Canada concernant d’éventuelles violations de sa politique.

Pour en savoir plus, consultez :


En réponse à notre publication concernant les camps soutenant Israël et son armée, le conseil d’administration de l’Association des camps de l’Ontario (ACO) a transmis le message suivant à ses membres :

Chers membres,

Ces derniers jours, le conseil d’administration de l’Association des camps de l’Ontario (ACO) a pris connaissance de correspondance circulant en ligne concernant le conflit actuel au Moyen-Orient. Cette correspondance contient des déclarations et des expressions que le conseil juge profondément préoccupantes et qui, selon nous, reflètent, dans certaines caractérisations et affirmations, une rhétorique discriminatoire et antisémite. Les accusations, visant notre directeur général, des membres de l’équipe de l’ACO et plusieurs camps membres, s’appuient directement sur des stéréotypes et des clichés liés à Israël, au sionisme et au peuple juif – notamment les termes « génocide » et « colonisateurs », des catégories symboliques souvent diffusées avec une intention malveillante.

D’après les informations publiques disponibles, nous comprenons que cette correspondance fait partie d’une campagne coordonnée visant les associations provinciales de camps de l’Ontario, du Québec et de la Nouvelle-Écosse. L’objectif déclaré de cette campagne est de faire pression sur les organismes d’agrément afin qu’ils révoquent ou reconsidèrent le statut des camps juifs et qu’ils prennent des mesures disciplinaires contre le personnel. La campagne a été mise en œuvre par le biais d’actions organisées par courriel ciblant les conseils d’administration des associations. De telles campagnes peuvent constituer une expression dangereuse de la diabolisation systématique et de la tentative généralisée de délégitimation d’un groupe minoritaire et n’ont pas leur place dans la culture des camps ni ailleurs. Ces campagnes s’inscrivent dans une tentative insidieuse et généralisée visant à :

  • Porter atteinte au bien-être et à la sécurité des enfants juifs, notamment dans les camps
  • Remettre en cause la légitimité de la direction de l’OCA (et d’autres instances), des camps juifs
  • des administrateurs au Canada et, plus généralement, de la vie juive canadienne
  • Appliquer un critère sectaire permettant de déterminer si les Juifs sont « acceptables » en se basant sur un paradigme extérieur et erroné
  • Minimiser et dénigrer une longue histoire de contributions juives significatives à la vie canadienne et aux camps canadiens
  • Remettre en cause la définition de travail de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (AIMH), adoptée par les gouvernements du Canada et de l’Ontario.

L’OCA est un organisme provincial de normalisation et d’agrément. Nous n’intervenons pas dans les conflits géopolitiques internationaux et nous n’évaluons pas nos camps membres en fonction de leur identité religieuse ou culturelle. Notre rôle est de soutenir les camps de la province par le biais de normes, d’agréments, de formations et d’un leadership communautaire, et de veiller à ce qu’ils respectent les normes établies en matière de sécurité, de gouvernance et de qualité des programmes. Ce mandat demeure inchangé.

Nous sommes conscients du contexte plus large dans lequel nos membres évoluent. Les camps juifs et les membres de la communauté juive de l’Ontario évoluent dans un contexte sécuritaire accru. L’antisémitisme n’est pas un concept abstrait. Il a des répercussions humaines et opérationnelles bien réelles. Nous ne permettrons pas que l’antisémitisme, l’intimidation, la discrimination ou le harcèlement s’enracinent au sein de la communauté des camps de l’Ontario. L’OCA a toujours condamné fermement et sans équivoque l’antisémitisme et toutes les formes de haine et de discrimination, et elle maintient cette position. Les camps doivent être des lieux où les enfants, le personnel, les bénévoles et les familles se sentent en sécurité, respectés et protégés. Cela inclut notre communauté juive, sans exception.

Le conseil d’administration s’est réuni pour examiner la situation actuelle et prend des mesures pour renforcer nos protocoles de gouvernance et de gestion des enjeux afin de garantir une réponse cohérente, transparente et conforme à notre mandat aux questions complexes. Le conseil d’administration continue d’avoir pleinement confiance dans le professionnalisme de l’équipe de l’OCA, notamment de sa directrice générale, dans l’accomplissement du mandat de l’association.

Nous collaborons avec nos partenaires communautaires, dont B’nai Brith Canada (la plus ancienne organisation de défense des droits de la personne au Canada, possédant une vaste expertise dans la lutte contre l’antisémitisme), afin de mieux comprendre l’évolution de la situation et de veiller à ce que notre approche reflète les meilleures pratiques en matière de sécurité communautaire et de résilience institutionnelle.

Nous encourageons le dialogue respectueux, les discussions et même les désaccords, mais nous ne tolérerons aucun harcèlement, aucune intimidation, aucun antisémitisme ni aucune discrimination.

Notre priorité absolue demeure la sécurité et le bien-être de toutes les personnes liées aux camps de l’Ontario. Nous continuerons de tenir nos membres informés de l’avancement des travaux. Si vous avez des questions ou des préoccupations, n’hésitez pas à communiquer directement avec nous.

Nous vous remercions de votre engagement constant à offrir des expériences de camp sécuritaires et accueillantes aux enfants et aux jeunes de l’Ontario.

Cordialement,
Le conseil d’administration de l’Association des camps de l’Ontario

Share this post