Dans le cadre de son 45e Conseil général, l’exécutif du Conseil général de l’Église Unie du Canada a appuyé Kairos Palestine II, Un moment de vérité : La foi en un temps de génocide. Le secrétaire général a expressément recommandé que l’exécutif de Conseil général
- reçoive Kairos Palestine II « Un moment de vérité : La foi en en temps de génocide » et l’approuve comme objet d’étude, de réflexion et d’action de la part des membres de l’Église Unie du Canada, ses communautés de foi et ses écoles de théologie ;
- appelle les membres de l’Église Unie, ses écoles de théologie, ses communautés de foi et le gouvernement du Canada (le cas échéant) à adhérer aux actions proposées dans le document Kairos Palestine II, qui appelle les personnes de conscience à :
- décrire la réalité telle qu’elle est ;
- plaider en faveur de la responsabilité et du droit international
- rejeter les théologies qui justifient l’oppression : rejeter les théologies haineuses telles que le sionisme chrétien, l’islamophobie et l’antisémitisme ;
- encourager une solidarité courageuse et coûteuse envers le peuple palestinien, et en particulier envers la communauté chrétienne, dont les effectifs ne cessent de diminuer ; et
- soutenir la résistance créative et non violente, en particulier le boycott, le désinvestissement et les sanctions.
Le Conseil général a déclaré : « En menant ces actions, l’Église se rapproche de la mise en pratique de sa foi telle qu’elle est proclamée. » Il a également souligné que les risques « comprennent les conséquences liées à un engagement solidaire coûteux, comme la suppression de la liberté de parole en faveur des droits humains des Palestiniens ».
Cette proposition approfondit la manière dont L’Église met en pratique son Credo, ses expressions de foi et ses engagements en faveur du partenariat, de la lutte contre le racisme et contre l’oppression. Elle appelle à un engagement accru auprès des communautés opprimées confrontées au génocide, à l’apartheid et au nettoyage ethnique.
Cet appui constitue un pas important, mais nous l’acceuillons avec une extrême prudence. S’il est essentiel d’appuyer Kairos II, cela ne se traduit pas pour autant automatiquement par des mesures concrètes ni ne constitue une réparation pour les torts causés par le passé. Auparavant, L’Église Unie due Canada :
- A signé un accord avec le B’nai Brith : des tentatives ont été faites pour réduire au silence le rédacteur en chef du magazine Observer de l’Église Unie du Canada, le révérend Dr A.C. Forrest, lors de la signature de cet accord en 1973. Cet accord est toujours en vigueur aujourd’hui. Il a été mis en place principalement pour faire taire le révérend Dr Forrest au sujet de ses écrits sur la résolution 194 des Nations Unies, Droit au retour, et de la publication de son ouvrage The Unholy Land. Il visait également à étouffer le soutien de la base de l’Église à la cause palestinienne.
- N’a pas présenté des excuses pour avoir demandé aux Palestiniens d’accepter un État sioniste : en 2009, le 38e Conseil général a donné son aval à un État juif. La résolution stipulait expressément qu’une paix juste nécessiterait « la reconnaissance », par l’État émergent de Palestine et par les autres États arabes voisins, du droit d’Israël à exister en tant qu’État juif à l’intérieur de frontières sûres et sécurisées ».
- A maintenu une résolution rejetant le soutien au droit au retour des Palestiniens à qu’il ne s’applique également aux juifs : en 2012, un ensemble complet de résolutions a été présenté, mais celui-ci s’opposait au mouvement BDS, refusait de parler d’apartheid et rejetait le droit au retour en indiquant que ce soutien ne serait accordé que s’il ne portait pas atteinte à l’intégrité démographique juive d’Israël.
- N’a en aucune manière mis en œuvre ses résolutions relatives au désinvestissement (ainsi que d’autres résolutions) : par exemple, en 2015, elle a approuvé une résolution visant à se désinvestir des « entreprises qui tirent profit de l’occupation ou qui la soutiennent ». À notre connaissance, aucune des quelques 3 000 congrégations de l’Église Unie du Canada n’a même envisagé le désinvestissement.
- refusé d’appuyer les appels à l’action lancés jusqu’à présent par les chrétiens palestiniens.