Analyse des investissements de la Caisse en 2025: 26,4 MILLIARDS de dollars dan 81 entreprises

Black text: La Caisse a investi 26,4 milliards $ dans 81 entreprises complices du génocide et de l'occupation en Palestine At the bottom are three photos, one of people walking past the CDPQ sign on the side of an office building. The second of Israeli soldeirs in front of a UN sign painted on a cement wall. The third of a bomb exploding in Palestine.

Résumé

Une analyse détaillée du rapport annuel 2025 de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) révèle que la Caisse investit, au 31 décembre 2025, 26,4 milliards $ dans 81 entreprises ayant des activités qui contribuent aux crimes d’Israël en Palestine*. Cela représente 5,1 % de l’actif net de la Caisse, qui s’établit à 517,3 milliards $ à la même date.

Un an plus tôt, au 31 décembre 2024, la Caisse investissait 27,4 milliards $ dans 76 entreprises complices des crimes d’Israël, ce qui représentait 5,8 % du total de ses investissements qui s’élevaient alors à 473,3 milliards $.

Globalement, la situation n’a donc pas beaucoup changé de 2024 à 2025. Mais cela ne veut pas dire que rien n’a changé. Car la Caisse a tout de même démontré, dans quelques cas, un intérêt à désinvestir ou à faire pression sur une entreprise pour qu’elle mette fin à ses activités problématiques. Dans le cas de la multinationale québécoise WSP Global Inc, la Caisse a dit être intervenue auprès de l’entreprise pour qu’elle se départisse de ses activités dans ce que l’ONU considère être les territoires palestiniens occupés… sans formuler les choses ainsi évidemment. Cette décision est certainement à mettre au compte des pressions exercées sur l’institution par un ensemble d’acteurs d’ici et d’ailleurs, dont la campagne « Sortons la Caisse des crimes en Palestine ».

* Les entreprises identifiées comme complices de crimes contre le peuple palestinien se retrouvent dans une ou plusieurs des six listes suivantes : base de données des Nations Unies, projet AFSC Investigate, Canada : Stop Arming Israel, Who Profits, Don’t Buy Into Occupation et Campaign Against Arms Trade.

Présentation

La présente analyse du rapport annuel 2025 de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a été réalisée conjointement par la Coalition du Québec URGENCE Palestine et Just Peace Advocates/Mouvement pour une paix juste. Les deux organisations ont aussi produit une analyse conjointe du rapport 2024 de la Caisse.

La Coalition est un regroupement de 54 organisations syndicales, communautaires et citoyennes qui a lancé, le 17 mars 2025, la campagne panquébécoise Sortons la Caisse des crimes en Palestine. Le Mouvement pour une paix juste est une organisation indépendante de défense des droits humains. Il a réalisé des analyses similaires des investissements de la CDPQ pour les années 2021, 2022 et 2023, en collaboration avec Palestiniens et Juifs unis et Canadian BDS Coalition.

Encore cette année, l’analyse vise à mettre en lumière le fait troublant et inacceptable que la CDPQ continue d’investir l’argent des Québécois·es dans des entreprises ayant des activités complices des crimes actuels commis par Israël en Palestine : génocide, occupation, colonisation, apartheid et toutes formes de violations des droits humains des Palestinien·nes et du droit international associées à ces crimes.

Les crimes d’Israël en Palestine et les activités économiques complices

Les colonies israéliennes dans le Territoire palestinien occupé (TPO), qui comprend la bande de Gaza et la Cisjordanie (incluant Jérusalem-Est), ont été déclarées contraires au droit international par la Cour internationale de justice (CIJ) en 2004. En 2016, le Conseil de sécurité des Nations unies a réaffirmé que l’établissement de ces colonies par Israël constituait une violation flagrante du droit international.

Le 19 juillet 2024, la CIJ a confirmé de nouveau l’illégalité de l’occupation et de la colonisation israéliennes des territoires palestiniens occupés depuis 1967 et a ordonné qu’elles cessent dans les plus brefs délais. La Cour a déclaré que tous les États – ce qui inclut le Canada et le Québec – doivent « prendre des mesures pour empêcher les échanges commerciaux ou les investissements qui aident au maintien de [l’occupation illégale] » (par. 278), ce qui inclut les investissements de la CDPQ.

Le 18 septembre 2024, l’Assemblée générale des Nations Unies a donné à Israël un maximum d’un an pour mettre un terme à son occupation et sa colonisation illégales du TPO. Deux mois plus tard, la Cour pénale internationale (CPI) a lancé des mandats d’arrêt contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.

Le 26 janvier 2024, la CIJ a rendu une ordonnance dans une affaire intentée par l’Afrique du Sud contre Israël pour ses violations de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 dans le cadre de son assaut militaire contre Gaza. La CIJ a reconnu qu’il existe un risque plausible de génocide à Gaza et a ordonné des mesures conservatoires qu’Israël n’a pas respectées. La CIJ continuera d’entendre l’affaire au cours des prochaines années. Il revient aux États, dont le Canada et le Québec, de poser des actions immédiates pour faire cesser le génocide qui est toujours en cours à Gaza.

Le 31 août 2025, l’Association internationale des chercheurs en génocide a adopté une résolution déclarant que « les politiques et actions d’Israël à Gaza répondent à la définition juridique du génocide ».

Le 16 septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien a publié un rapport affirmant qu’Israël avait commis un génocide à l’égard des Palestinien·nes.

Le 2 juillet 2025, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, Me Francesca Albanese, a rendu public son troisième rapport intitulé De l’économie d’occupation à l’économie de génocide. Le rapport examine le rôle que les entreprises israéliennes et internationales ont joué dans la mise en œuvre, le maintien et l’extension de l’occupation et de la colonisation illégales du territoire palestinien par Israël depuis 1967. Et comment leur participation s’est poursuivie et s’est même accrue dans la phase génocidaire du projet de dépossession du peuple palestinien. Le rapport pointe spécifiquement la CDPQ parmi les facilitateurs du secteur financier qui acheminent « des fonds essentiels vers les acteurs publics et privés qui soutiennent l’occupation israélienne et l’apartheid, bien que de nombreuses entreprises du secteur se soient engagées à respecter les Principes pour l’investissement responsable et le Pacte mondial des Nations Unies ».

Le droit international interdit de fournir des armes, de la machinerie, de l’équipement, des matériaux, des produits et des services de quelque nature que ce soit qui contribuent au génocide à Gaza, à la création, au maintien ou à l’expansion des colonies israéliennes, au régime d’apartheid israélien et à l’occupation militaire en Palestine. Toute forme de complicité avec les crimes d’Israël doit cesser immédiatement.

Nos sources d’information concernant la Caisse et les entreprises complices

Le rapport annuel 2025 de la CDPQ a été rendu public le 6 mai 2026. Notre analyse a porté spécifiquement sur la liste des investissements sur les marchés publics et privés au 31 décembre 2025 que l’on retrouve dans le document Renseignements additionnels au Rapport annuel 2025 (pp. 32 à 133).

Nous avons comparé la liste des investissements de la CDPQ avec six sources crédibles et reconnues qui fournissent des informations concernant des entreprises ayant des activités économiques en lien avec les crimes commis par Israël en Palestine : génocide, occupation, colonisation, apartheid et toutes formes de violations des droits humains des Palestinien·nes et du droit international associées à ces crimes.

  1. La base de données des Nations unies sur les entreprises engagées dans certaines activités de colonisation israélienne dans le Territoire palestinien occupé (TPO), mise à jour le 26 septembre 2025;
  2. La base de données du projet AFSC Investigate, incluant la liste Companies Profiting from the Gaza Genocide;
  3. La liste Canada : Stop Arming Israel de World Beyond War;
  4. La liste Who Profits Database of Complicit Companies;
  5. La liste de Don’t Buy Into Occupation;
  6. La liste de Campaign Against Arms Trade des entreprises d’armement possédant des licences d’exportation vers Israël.

Toutes ces listes sont des sources importantes d’information. Les cinq dernières proviennent d’organisations de la société civile qui surveillent méthodiquement les agissements d’un grand nombre d’entreprises, souvent depuis plusieurs années. La base de données des Nations unies ne saurait être considérée comme suffisante. D’une part, elle se concentre sur les compagnies engagées dans des activités de colonisation et ne comprend aucune compagnie d’armement. D’autre part, de son propre aveu, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) n’a pas les ressources suffisantes pour faire un travail exhaustif. Lors de la dernière mise à jour, il avait reçu 733 contributions concernant l’implication alléguée de 596 entreprises. Faute de ressources suffisantes, le HCDH a dû prioriser l’examen de 215 entreprises, y compris les 97 entreprises répertoriées lors de la mise à jour de 2023. Sa liste comprend maintenant 158 entreprises.

Il est à noter que la majorité des entreprises se retrouvent dans plusieurs de ces listes.

Principaux résultats

Le rapport annuel pour l’exercice se terminant au 31 décembre 2025 indique que la CDPQ a investi 26,4 milliards $ dans 81 entreprises complices de crimes d’Israël en Palestine. Cela représente 5,1% du total des actifs de la CDPQ, qui s’élèvent à 517,3 milliards $.

Le tableau suivant (Tableau 1) fournit la liste de ces entreprises, ainsi que le nombre d’actions que la CDPQ y détient et la valeur de ces actions en millions de dollars (M$).

TABLEAU 1
Liste des investissements de la CDPQ au 31 décembre 2025 dans 81 entreprises complices

EntrepriseActionsValeur (M$)
ABB Ltd (2) (4)615 02463
ACS Actividades de Construcción y Servicios SA (1)146 61620
Airbnb Inc (1) (2) (4) (5)984 268183,1
Allianz SE (2)497 649312,8
Allison Transmission Holdings Inc (2)596 88880,1
Alphabet Inc (2) (3) (5)Classe A7 243 2763 107,7
Classe C1 588 368683,2
Amazon.com Inc (2) (3) (5)7 786 5092 463,6
Ametek Inc (6)315 23588,7
Amphenol Corp (6)1 493 722276,7
AP Moller – Maersk AS (2) (4) (5)1 2063,8
Asseco Poland SA (2)22 5122
Atlas Copco AB (2) (4)Classe A3 901 29196,3
Classe B701 51215,5
BAE Systems PLC (2) (3) (5) (63 002 13394,9
Booking Holdings Inc (1) (2) (4) (5)83 450612,6
BRP Inc (2)Actions977 00094,8
Valeurs convertibles500 *
CAE Inc (3)Actions30 917 4021 290,5
Obligations78,2
Carrefour SA (2) (4) (5)309 8007,1
Caterpillar Inc (2) (3) (4) (5) (6)480 122377
Cemex SAB de CV (2) (4)20 390 75833,9
Cisco Systems Inc (2) (3) (4) (5)4 228 315446,5
CNH Industrial NV (2) (4) (5)539 7006,9
Coca-Cola Co, The (2) (5)2 127 060203,8
Curtiss-Wright Corp (3) (6)41 03831
Dell Technologies Inc (2) (4) (5)80 10013,8
Doosan Bobcat Inc (2)37 3552,1
Doosan Co Ltd (2)5 1353,8
Doosan Enerbility Co Ltd (2)305 46521,9
Expedia Group Inc (1) (2) (4) (5)575 023223,3
FANUC Corp (2) (3) (5)533 34528,4
First Solar Inc (2) (4)18 4486,6
Ford Motor Company (2) (3) (4) (5)3 401 30961,2
Fosun International Ltd (1) (2)1 016 5380,8
General Dynamics Corp (2) (3) (5) (6)96 84044,7
General Electric Co (maintenant GE Aerospace) (2) (3) (4) (5) (6)542 830229,2
General Motors Co (2) (3) (4)2 649 082295,3
HD Hyundai Heavy Industries Co Ltd (2)46 24622,4
HDI Aerospace Intermediate Holding III Corp (Héroux-Devtek) (3)Obligations100 *
Heidelberg Materials AG (1) (2) (4) (5)290 267104,2
Hitachi Ltd (2) (4)6 514 168279,2
Honeywell International Inc (2) (3) (5) (6)435 639116,5
Howmet Aerospace Inc (3)591 680166,3
Hyundai Heavy Industries Co Ltd (2)258 379100,1
Intel Corp (2) (5)1 393 93670,5
International Business Machines Corp (2) (4) (5)208 43484,6
Kongsberg Gruppen ASA (2)927 27532,6
L3Harris Technologies Inc (2) (3) (5) (6)382 032153,7
Leonardo SpA (2) (3) (4) (5) (6)183 78014,5
Logitech International SA (2)1 326 296187,1
Mercedes Benz Group AG (2) (4) (5)765 83974,1
Meta Platforms Inc (2) (5)Classe A1 915 8371 733,5
Obligations51,1
Microsoft Corp (2) (3) (4) (5)6 397 3564 240,9
Minerals Technologies Inc (2) (4)62 0005,2
Mitsubishi Corp (2) (4)360 58511,3
Motorola Solutions (1) (2) (4) (5)270 919142,4
NVIDIA Corp (2)17 181 3254 392,3
Oracle Corp (4) (5)44 82012
Oshkosh Corp (2) (4) (5)263 23945,3
Palantir Technologies Inc (2) (3) (5)22 3315,4
PayPal Holdings Inc (2)2 061 821165
Phoenix Financial Ltd (2)175 5009,9
QinetiQ Group PLC (6)547 4004,5
Rheinmetall AG (3) (6)4 95312,4
Rolls-Royce Holdings PLC (2) (4) (5) (6)13 628 828288,9
RTX Corp (2) (3) (5) (6)499 361125,5
Safran SA (3) (6)428 944205,3
Siemens AG (2) (4) (5)438 481168,8
Smiths Group PLC (3) (6)106 8574,6
Solvay SA (2) (4)54 1002,4
Sony Group Corp (2) (4)4 396 625154,7
Tata Motors Ltd (2)752 5434,8
Teledyne Technologies Inc (6)225 931158,2
Textron Inc (2) (6)334 50040
Thermo Fisher Scientific Inc (6)315 957251
Top Aces Inc (3)100 *
Toyota Motor Corp (2) (4) (5)4 072 487119,5
Trelleborg AB (6)27 7141,6
Vinci SA (2) (5)200 38138,7
Vintage Fund of Funds VI (Israel) LP **Actions100 *
Volvo AB (2) (4) (5)219 6009,7
Wartsila Oyj Abp (6)3 593 053175,8
Woodward Inc (2) (5)12 1005
TOTAL26 396,3
Sources : (1) ONU (2) AFSC (3) World Beyond War (4) Who Profits (5) Don’t Buy Into Occupation (6) Campaign Against Arms Trade
* La Caisse ne fournit pas les montants exacts des investissements sur les marchés privés, mais des intervalles de valeurs. Faute de données plus précises, nous avons retenu la valeur médiane: 100 pour l’intervalle [0-100] et 500 pour l’intervalle [400-600]. ** Vintage Fund of Funds VI (Israel) LP est un fond d’investissement israélien dont le dépositaire est Bank Leumi (1) (2) (4) (5); il a donc été inclus.

Évolution des investissements depuis le rapport annuel 2024

Du 31 décembre 2024 au 31 décembre 2025, les investissements de la Caisse dans des compagnies complices des crimes d’Israël en Palestine ont diminué de 1 milliard $ , passant de 27,4 milliards $ à 26,4 milliards, soit 5,8 % et 5,1 % des actifs de la Caisse à ces dates respectives. De 2023 à 2024, nous avions plutôt constaté une augmentation de 5,3 milliards $.

En comparant les données au 31 décembre 2025 avec celles de l’année précédente, on constate que cette diminution globale de 1 milliard $ est le résultat de plusieurs changements en directions opposées, parfois plus significatifs :

  • Alstom et WSP Global, deux entreprises qui constituaient des investissements majeurs de la Caisse au 31 décembre 2024 (2,6 milliards $ et 5,2 milliards $ respectivement) ont cessé leurs activités complices au cours de l’année 2025; à lui seul, ce changement représente une réduction de facto de 7,8 milliards $ des investissements problématiques de la Caisse. Voir la section 4.1.
  • La Caisse n’investit plus dans 14 des compagnies complices recensées l’an dernier. Cela représente une réduction de 649,5 millions $ de ses investissements problématiques. Voir la section 4.2.
  • Par ailleurs, la Caisse investit dans 9 nouvelles entreprises complices, pour un total de 180,4 millions $. Voir la section 4.3.
  • Il y a aussi un bloc de 60 entreprises citées dans l’analyse du rapport 2024 dans lesquelles la Caisse a maintenu des investissements d’une fin d’année à l’autre.Du 31 décembre 2024 au 31 décembre 2025, le total de ces investissements est passé de 19 milliards $ à 24,8 milliards $, une augmentation de 5,8 milliards $. À elles seules, sept entreprises sont responsables des trois quarts de cette augmentation :
    • Les investissements de la Caisse dans quatre entreprises du secteur technologique (Alphabet, Amazon, Microsoft et NVIDIA) sont passés de 11,2 milliards $ (fin-2024) à 14,9 milliards $ (fin-2025).
    • Les investissements de la Caisse dans trois entreprises du secteur tourisme (Airbnb, Booking et Expedia) sont passés de 330 millions $ à 1 milliard $. Notons que ces trois entreprises sont sur la liste de l’ONU depuis plusieurs années.
  • Aussi, 12 nouvelles entreprises dans lesquelles la Caisse investit ont été identifiées comme complices. Il ne s’agit pas de nouveaux investissements, puisque la Caisse détenait déjà ces actifs en date du 31 décembre 2024: elles ont plutôt été ajoutées dans la mise à jour des listes de référence qui ont servi à l’analyse du rapport 2025. Leur valeur totale représente près de 1,5 milliards $.
  • Au 31 décembre 2025, les investissements de la Caisse dans des entreprises du secteur militaire complices du génocide à Gaza ont augmenté de 500 millions $. Voir la section 4.4

Étude de cas: WSP et Alstom

WSP Global est une multinationale québécoise de génie-conseil, et Alstom est une multinationale française du secteur des transports, dont le siège pour la région des Amériques est situé au Québec. Au 31 décembre 2025, elles représentent toutes deux des investissements importants de la CDPQ, avec respectivement 4,6 milliards $ pour WSP et 3,3 milliards $ pour Alstom. Pendant plusieurs années, ces deux entreprises ont joué un rôle dans l’expansion et le maintien des colonies israéliennes illégales en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.

Alstom

Alstom a fourni les wagons pour le projet de train léger de Jérusalem, et en assurait l’entretien via sa filiale Citadis. Ce projet a permis de relier des colonies israéliennes de Jérusalem-Est, facilitant le transfert de colons en violation flagrante du droit international. Alstom a fait l’acquisition de Bombardier Transport en 2021. En tant que partie intégrante d’Alstom, Bombardier Transport a fourni à Israël des trains et de l’équipement pour la ligne A1 Jérusalem – Tel-Aviv. Ce train coupe à travers la Cisjordanie occupée et passe sur des terres palestiniennes publiques et privées, dont certaines ont été confisquées pour le projet. Ceci est illégal en droit international, d’autant plus que la ligne A1 est réservée aux citoyens israéliens et ne relie aucune ville en Palestine occupée.

Depuis 2023, Alstom affirme n’avoir plus aucune activité dans (ou en lien avec) le territoire palestinien occupé. La compagnie a finalement été retirée de la liste de l’ONU en septembre 2025. Alors que le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) est transparent envers les compagnies qui font l’objet d’une enquête de sa part, il n’est absolument pas transparent envers le public quant aux raisons de ses décisions de retrait. Suite à la décision du HCDH, nous avons retiré Alstom de notre liste des investissements complices de la Caisse en 2025.

WSP

De son côté, WSP a assuré l’électrification de la ligne Jérusalem – Tel-Aviv via sa filiale Parsons Brinckerhoff, acquise en 2014. WSP a aussi joué un rôle essentiel dans le projet de train léger de Jérusalem, dont elle a supervisé la réalisation pour le compte de l’État israélien, en faisant notamment la révision des plans et le contrôle de qualité.

En 2022, Just Peace Advocates et l’organisation palestinienne de défense des droits humains Al-Haq ont présenté une demande conjointe à l’ONU pour que WSP Global soit ajoutée à la base de données. En 2024, en réponse à un appel de la rapporteuse spéciale des Nations unies, Francesca Albanese, les deux organisations ont de nouveau soumis une demande d’ajout de WSP à la base de données des Nations unies sur les entreprises complices.

En septembre 2025, le journal d’affaires israélien Globes rapporte que WSP a l’intention de fermer sa branche israélienne. WSP justifie ce retrait par une décision de réduire sa présence dans des « petits pays ». Mais l’article laisse plutôt entendre que c’est le résultat des « fortes pressions subies par les compagnies occidentales pour qu’elles cessent leurs opérations en Israël à cause de la guerre à Gaza ». Quelques semaines plus tard, l’ONU publie la liste mise à jour, où WSP reste absente.

En février 2026, le média Web Pivot publie les résultats de son enquête révélant que WSP a cédé sa filiale israélienne à l’équipe de direction locale, qui en aurait changé le nom pour « PBIL Consulting Engineers LTD ». Mais des zones d’ombre demeurent quant à son indépendance complète, la transaction n’ayant été annoncée officiellement ni par le vendeur, ni par l’acquéreur, et le nom de domaine de la nouvelle compagnie (pbisrael.com) semblant toujours appartenir à WSP.

En mai 2026, en commission des finances publiques, le PDG de la Caisse, Charles Emond, a confirmé que WSP n’avait plus d’activités en Israël : « Dans le cas de WSP, où on est un actionnaire majeur, on a eu des discussions et ils ont indiqué publiquement avoir cédé ces opérations ». Il a qualifié le retrait d’Israël de WSP de « résultat tangible » de l’intervention de la Caisse.

Le retrait de WSP démontre la capacité d’action bien réelle de la Caisse en tant qu’actionnaire principal. Mais il illustre avant tout l’impact de l’ensemble des pressions sur les entreprises (comme WSP) et les institutions (comme la Caisse) pour qu’elles coupent tout lien avec l’occupation et la colonisation israéliennes. On pense ici aux mémoires de Just Peace Advocates au HCDH, à la campagne de désinvestissement de la Coalition, mais aussi au rapport de Francesca Albanese qui épinglait spécifiquement la Caisse, et même à certains pays qui commencent à exiger des compagnies soumissionnaires de gros projets que leurs activités en Israël soient conformes au droit international et respectent les droits humains. Le retrait de WSP et l’intervention de la Caisse en ce sens sont des victoires à mettre au compte de ce large mouvement, dont nous faisons partie.

Ceci dit, le manque d’honnêteté et de transparence de WSP et de la Caisse dans toute cette affaire demeure condamnable. Leur adhésion aux Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme en est une de façade seulement. Sans reconnaître, encore aujourd’hui, qu’elles ont été partie prenante de violations des droits des Palestiinien·nes pendant tant d’années, elles se dérobent à leur obligation de « prévoir des mesures de réparation ou collaborer à leur mise en œuvre suivant des procédures légitimes » (Article 22).

Retrait de certains investissements

En comparant les rapports annuels 2024 et 2025, on constate que la CDPQ a retiré ses investissements de 14 entreprises présentées ci-dessous (Tableau 2), qui représentaient, en 2024, un total de 649,5 millions $.


TABLEAU 2
Liste des entreprises dans lesquelles la CDPQ n’investit plus au 31 décembre 2025

Entreprises20242025
ActionsValeur (M$)Actions
Airbus SE (6)184 60042,60
Apollo Global Management Inc (2)1 5000,40
Boeing Company, The (2) (3) (4) (5) (6)405 517103,20
Canon Inc (2)260 74812,30
Hewlett Packard Enterprise Co (2) (3) (4) (5)3 346 799102,80
Leidos Holdings Inc (2) (3)96 57820,00
Lockheed Martin Corp (2) (3) (5) (6)228 692159,80
Northrop Grumman Corp (2) (3) (5) (6)79 69553,80
Orbia Advance Corp SAB de CV (2)7 602 5007,90
Syensqo SA (4) (5)20 4002,10
Tempur Sealy International Inc (2) (4) *216 19617,60
Terex Corp (2) (4)2560,00
Teva Pharmaceutical Industries Ltd (2) (4)616 75319,70
Thales SA (2) (3) (6)519 882107,30
TOTAL649,50
Sources : (1) ONU (2) AFSC (3) World Beyond War (4) Who Profits (5) Don’t Buy Into Occupation (6) Campaign Against Arms Trade
* Tempur Sealy a cessé ses activités dans le territoire palestinien occupé en 2025, et a donc été retiré de la liste d’analyse.

On note que cinq de ces entreprises sont du secteur militaire : Airbus, Boeing, Lockheed Martin, Northrop Grumman et Thales. Cependant, cela n’est pas une indication d’une volonté de la Caisse de cesser d’investir dans des entreprises du complexe militaro-industriel qui alimentent la machine de guerre israélienne. D’une part, parce que le rapport trimestriel de la Caisse à la U.S. Securities and Exchange Commission en date du 31 mars 2026 indique que les investissements ont repris dans Boeing et dans Northrop Grumman. D’autre part, parce que les investissements complices de la Caisse dans le secteur militaire ont augmenté de 24 %; voir la section 4.4.

Teva Pharmaceutical Industries Ltd est une entreprise pharmaceutique israélienne. La Caisse y investissait fin-2022 et fin-2024. Mais elle n’y investissait pas fin-2023 et fin-2025. Donc pas de volonté claire de désinvestissement dans ce cas non plus.

Nouveaux investissements complices

En 2025, la CDPQ a investi dans 9 entreprises dans lesquelles elle n’avait aucun investissement au 31 décembre 2024, pour un total de 180,4 millions $. Cela inclut 3 nouvelles entreprises militaires.

TABLEAU 3
Liste des nouveaux investissements complices de la CDPQ au 31 décembre 2025

EntreprisesActions – 2025Valeur (M$) – 2025
AP Moller – Maersk AS1 2063,8
Ford Motor Company3 401 30961,2
Fosun International Ltd1 016 5380,8
Leonardo SpA183 78014,5
Oshkosh Corp263 23945,3
Phoenix Financial Ltd175 5009,9
Smiths Group PLC106 8574,6
Trelleborg AB27 7141,6
Vinci SA200 38138,7
TOTAL180,4

Une nouvelle hausse des investissements dans le secteur militaire

En date du 31 décembre 2025, la Caisse investissait 4,2 milliards $ dans 27 entreprises du secteur militaire, une augmentation de 24 % par rapport aux 3,4 milliards de dollars d’investissements dans 24 entreprises identifiées l’an dernier. Rappelons que notre analyse de l’an dernier avait révélé que ces mêmes investissements complices étaient passés de 2 milliards $ à 3,4 milliards $ entre 2023 et 2024, soit une augmentation de 70 %.

D’un côté, la Caisse a investi dans 3 nouvelles entreprises militaires: Leonardo, Smiths Group et Trelleborg. De l’autre, la Caisse ne détenait plus aucun actif dans 5 entreprises militaires identifiées dans le rapport de l’an dernier: cela dit, comme expliqué plus haut, ce retrait ne relève pas d’une volonté de désinvestissement.

Il faut cependant noter que les résultats de cette année incluent 5 nouvelles entreprises dans lesquelles la Caisse détenait déjà des actifs au 31 décembre 2024. Or, ces entreprises ne faisaient pas partie des bases de données utilisées pour l’analyse de l’an dernier. Elles ont donc été incluses seulement dans l’analyse de cette année. En prenant en compte ce facteur, l’augmentation réelle des investissements militaires de la Caisse est de 409,5 millions $, soit d’environ 10,7 %. Il s’agit d’une augmentation comparable à l’évolution de l’actif global net de la Caisse, de 9,3% en 2025. En conclusion, on constate que le poids relatif des investissements complices de la Caisse dans le secteur militaire s’est maintenu autour de 0,8 % de son portefeuille.

Le tableau ci-dessous présente l’évolution des actifs de la Caisse dans ces 32 entreprises (Tableau 4).

TABLEAU 4
Variation des investissements dans des entreprises du secteur militaire, entre le 31 décembre 2024 et le 31 décembre 2025

EntreprisesActions Variation 2024-2025Valeur (M$) Variation 2024-2025
Airbus SE (2)184 60042,6
Allison Transmission Holdings Inc (3)152 37011
Ametek Inc157 05047,7
Amphenol Corp1 014 73626,1
BAE Systems PLC1 662 44067,2
Boeing Company, The (2)405 517103,2
CAE IncActions0162,0
Obligations
0,1
Curtiss-Wright Corp27 34224
General Dynamics Corp125 26939,5
General Electric Co356 79013,4
HDI Aerospace Intermediate Holding III Corp (Héroux-Devtek)??
Honeywell International Inc332 693133,1
Howmet Aerospace Inc114 43691,2
Kongsberg Gruppen ASA154 11892,7
L3Harris Technologies Inc307 032131
Leonardo SpA (1)183 78014,5
Lockheed Martin Corp (2)228 692159,8
Northrop Grumman Corp (2)79 69553,8
QinetiQ Group PLC (3)1 294 7539,3
Rheinmetall AG23 91514
Rolls-Royce Holdings PLC2 398 790173,9
RTX Corp498 561125,4
Safran SA187 630129,1
Smiths Group PLC (1)106 8574,6
Teledyne Technologies Inc68 17038,1
Textron Inc243 20030
Thales SA (2)519 882107,3
Thermo Fisher Scientific Inc (3)8 0528,6
Top Aces Inc (3)??
Trelleborg AB (1)27 7141,6
Wartsila Oyj Abp (3)2 875 070157,5
Woodward Inc75 46616

TOTAL409,5
(1) Entreprise dans laquelle la Caisse ne détenait aucun actif en date du 31 décembre 2024. (2) Entreprise dans laquelle la Caisse ne détenait aucun actif en date du 31 décembre 2025. (3) Nouvelle entreprise identifiée dans laquelle la Caisse détenait des actifs en date du 31 décembre 2024.

Dans l’ensemble, la CDPQ a augmenté le nombre d’actions qu’elle détenait dans 14 entreprises d’armements (dont 3 nouvelles entreprises).

  • 5 fois plus d’actions de L3Harris, fabricant de composants qui sont intégrés dans de nombreux systèmes d’armes de l’armée israélienne, notamment dans les bombes air-sol et dans ses avions, chars et navires de guerre. L3Harris possède plusieurs succursales au Canada, dont une à Mirabel.
  • 2 fois plus d’actions de BAE, qui fournit à l’armée israélienne une large gamme d’armements, notamment des composants pour avions de combat, des munitions, des kits de lancement de missiles et des véhicules blindés.

CAE

CAE est une entreprise basée à Montréal qui fabrique différents simulateurs d’appareils. Bien qu’une part de ses activités concerne l’aviation civile, CAE fabrique également des simulateurs pour des appareils militaires, notamment des avions de chasse, des hélicoptères d’attaque (Apache et Black Hawk), des drones militaires et des navires de guerre.

CAE a travaillé en partenariat avec plusieurs entreprises militaires israéliennes, dont IAI, Aeronautics Defense Systems et Elbit Systems. L’entreprise a également fourni des simulateurs d’avions de combat à l’armée israélienne. Cet équipement a servi à entraîner les pilotes israéliens qui ont conduit les frappes meurtrières contre la population palestinienne lors de l’assaut génocidaire à Gaza.

Par ailleurs, CAE a été citée dans le rapport Exposing Canadian Military Exports to Israel publié en juillet 2025 dans le cadre de la campagne Arms Embargo Now. Le rapport révèle qu’entre juin 2024 et avril 2025, l’entreprise a fait pas moins de 6 livraisons de matériel militaire vers Israël. En ce sens, CAE collabore à ce jour encore étroitement avec l’armée israélienne, et se rend donc complice des crimes de guerre perpétrés contre la population palestinienne.

En date du 31 décembre 2025, la Caisse détenait près de 1,4 milliard $ d’actifs dans CAE, dont près de 10 % des actions de l’entreprise. En tant qu’un des principaux actionnaires, il va sans dire que la Caisse dispose d’un levier de pression important pour que CAE rompe tous ses liens avec Israël, comme elle a pu le faire dans le cas de WSP.

Alphabet, Amazon et Microsoft : au service des crimes d’Israël

Les géants du numérique – Alphabet, Amazon et Microsoft – fournissent depuis des années une infrastructure essentielle au gouvernement, à l’armée, aux services de renseignement et au système carcéral israéliens. Leurs technologies soutiennent la surveillance de masse des Palestinien·nes, l’administration du système d’apartheid qui les encarcane, et le fonctionnement des colonies israéliennes illégales.

Les ressources informatiques d’Alphabet, d’Amazon et de Microsoft ont aussi joué un rôle déterminant dans le génocide à Gaza. Dès le début, pour les préparatifs de l’invasion terrestre de Gaza, l’armée israélienne s’est tournée vers leurs parcs de serveurs, leur puissance de calcul et leurs outils d’intelligence artificielle. En mars 2024, la consommation des services d’intelligence artificielle de Microsoft Azure par l’armée israélienne était 64 fois supérieure à ce qu’elle était avant le début du génocide.

Au 31 décembre 2025, la Caisse investissait :

  • 3,8 milliards $ dans Alphabet;
  • 2,5 milliards $ dans Amazon;
  • 4,2 milliards $ dans Microsoft.

Airbnb, Booking et Expedia : le tourisme colonial

En plus du génocide actuel à Gaza, Israël dépossède le peuple palestinien depuis des décennies, par son déplacement forcé et son remplacement par une population de colons israéliens. Actuellement, plus de 700 000 colons vivent illégalement en territoires palestiniens occupés.

Au mépris du droit international, des compagnies de partout dans le monde contribuent à la construction et au développement des colonies, et à la normalisation de cette colonisation.

Des compagnies comme Airbnb, Booking et Expedia proposent des locations dans des colonies israéliennes illégales et les présentent comme étant en Israël plutôt que dans les territoires palestiniens occupés. Elles fournissent ainsi des emplois et des revenus aux colons, tout en dissimulant aux clients que leurs paiements soutiennent la colonisation. Et elles se rendent complices de discrimination contre les Palestinien·nes de Cisjordanie, qui n’ont pas accès à ces endroits contrairement aux Israéliens et aux touristes.

Au 31 décembre 2025, la Caisse investissait :

  • 183 millions $ dans Airbnb;
  • 613 millions $ dans Booking;
  • 223 millions $ dans Expedia.

Rappelons que ces trois entreprises sont sur la liste de l’ONU depuis plusieurs années.

Caterpillar : la machinerie lourde criminelle

Depuis 1967, 62 000 maisons palestiniennes ont été démolies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est par l’armée israélienne. Des bulldozers blindés D-9 de la compagnie Caterpillar sont souvent utilisés pour ces démolitions. Ils ont aussi servi à la construction des colonies, où vivent illégalement 700 000 Israéliens. Et ils ont aussi servi à construire le mur de l’apartheid, permettant à Israël de s’emparer de 10 % du territoire de la Cisjordanie.

Ces mêmes bulldozers ont servi au génocide à Gaza. Comme éclaireurs et démolisseurs pour l’avancée des troupes au sol. Comme principal outil pour la destruction systématique de quartiers et de villes entières, comme la ville de Rafah. Et comme arme pour écraser des civil·es palestinien·nes ou les enterrer une fois assassinés.

Au 31 décembre 2025, la Caisse investissait 377 millions de dollars de NOTRE ARGENT dans Caterpillar…

Conclusion

Les investissements complices de la Caisse ont diminué de 1 milliards $ au cours de l’année 2025, soit une réduction de 3,6 %. Mais comme nous ne comptabilisons plus, comme investissements complices, les actifs de 7,9 milliards $ de la Caisse dans Alstom et WSP, cela indique plutôt une augmentation importante des autres investissements complices de la Caisse! En outre, nous constatons une croissance de 10,7 % des investissements de la Caisse dans les entreprises militaires qui profitent du génocide à Gaza; de 30 % dans Alphabet, Amazon et Microsoft; de 208 % dans Airbnb, Booking et Expedia.

Depuis plus de trois ans, divers acteurs de la société civile québécoise interviennent auprès de la Caisse afin qu’elle reconnaisse le caractère hautement problématique, au plan légal et éthique, de toutes les activités économiques qui contribuent, d’une manière ou d’une autre, aux crimes d’Israël contre le peuple palestinien. Et nous demandons qu’elle désinvestisse de toutes les compagnies ayant de telles activités.

Mais, immanquablement, la Caisse tente de ramener le sujet sur «son exposition en Israël», c’est-à-dire sur ses investissements dans des compagnies israéliennes, qui ont diminué de 44 % en deux ans, passant de 431,5 millions $ fin-2023 à 240,7 millions $ fin-2025, soit de 0,1 % de son portefeuille à 0,04 % de son portefeuille. C’est une tendance que nous reconnaissons d’emblée, qui résulte de la mobilisation citoyenne, mais la Caisse a l’obligation de faire beaucoup plus. Car notre analyse révèle qu’au 31 décembre 2025, la Caisse investissait 26,4 milliards $ dans 81 entreprises de partout dans le monde ayant des activités complices des crimes d’Israël, ce qui représente 5,1 % de son portefeuille et 140 fois plus que son « exposition en Israël ».

Non seulement la Caisse doit faire plus, mais elle peut clairement faire plus, comme l’a révélé lui-même le PDG de la Caisse, Charles Émond, en commission des finances publiques le 12 mai 2026. Il a alors clairement affirmé que la vente de la division israélienne de WSP Global était un « résultat tangible » d’une intervention de la Caisse (guidée par sa politique des droits de la personne) auprès d’une entreprise dont elle est un actionnaire important. Et quand elle n’est pas un actionnaire important, la Caisse a d’autres canaux pour intervenir de concert avec d’autres investisseurs.

De plus en plus de Québécois·es découvrent avec stupéfaction que des investissements de la Caisse les rendent complices des crimes contre le peuple palestinien et font connaître leur opposition, notamment à travers la campagne « Sortons la Caisse des crimes en Palestine ». Cette analyse se veut un outil de plus pour soutenir leur mobilisation.

Share this post